Avez vous vu la photo de drône(SDIS 77) des feux d’Apremont? Cette photo a été prise dans la nuit du 9 Juillet. Les différents articles de presse qui sont sortis mentionnent différentes dates de départ de feu (9, 10 ou même 11 Juillet) alors qu’à ce jour, ni la date, ni les origines des deux feux, ne sont connus et communiqués….d’autant plus que si l’origine humaine est confirmée, il s’agira bien d’une enquête criminelle.
Il y a trois choses factuelles intéressantes à partager avec celles et ceux qui veulent comprendre la dynamique des feux spécifiques à Fontainebleau.
La première est que le Jeudi 9 Juillet à 10h, j’étais avec mon club et les enfants des stages “Ecole de la forêt” à la Taverne des Brigands, et à midi, nous et 50 enfants d’un centre de loisirs traversions la caverne des brigands, à quelques mètres des deux foyers. A 13h30 quand nous sommes redescendus, des camions pompiers commençaient à arriver, mais personne n’est venu nous interroger! Et bien oui, les professionnels du SDIS et ceux de l’ONF, savent, comme moi -exONF-qu’avant que des flammes apparaissent sur ce sol sableux, il peut s’écouler 2 à 5 jours. Donc il y a de grandes chances pour que ces deux feux aient démarré pendant le week end, période propice au bivouac illégaux.
La seconde chose que je sais c’est qu’il y a plusieurs années, quand je travaillais à l’ONF, il y a eu un feu où la fumée est apparue le mercredi matin, et qui a demandé 7 jours de mobilisation. Ce feu avait commencé par un feu de bivouac mal éteint un samedi soir.
La troisième chose que je sais, c’est que le sol est fait de sable, donc de silice, qui conduit très très bien la chaleur, bien plus qu’un sol calcaire ou argileux. Et alors? Alors, un petit feu de bivouac mal éteint, ou apparemment éteint le samedi soir peut entrainer une “conduction” de chaleur vers des “poches” de matière sèches (feuilles, épines, brindilles) qui se consument, augmentent la chaleur, jusqu’à arriver sur une zone plus importante de végétation sèche. Ces feux couvants peuvent donc partir, en période de sécheresse, de pas grand chose, mais sont très difficile à maitriser, car ils ne se répandent pas de manière visible et se propagent dans des zones de chaos rocheux ou comprendre la structure du sol et la dynamique de conduction du feu est complexe, et l’intervention pédestre encore plus difficile.
Et alors! il ne faut pas de mégots, pas de feu de camp, pas laisser trainer de “verre” qui concentre la chaleur, il faut prendre très au sérieux chaque promeneur mal informé, chaque fumeur mal informé, chaque bivouaqueur mal informé. Il faut comprendre que si ces feux se propagent doucement et sont coupés par les routes, ils ne sont pas du tout facile à éteindre et demandent beaucoup de moyens humains, beaucoup de réserves en eau, beaucoup de surveillance.
Quant à la surveillance, l’ONF est équipée de drones thermiques à détection infrarouge, et les vieux pylônes sont équipés de détecteurs de fumée. La forêt possède aussi plusieurs citernes réservoirs d’eau pour faciliter l’intervention des pompiers…. mais la canicule actuelle engendre une sécheresse forte en période de grande fréqeuntation, pouvant mettre le système à rude épreuve.
nb: si vous êtes allés faire des brochettes à la mare aux biches pour sortir votre projet, les conséquences seront plus fortes que vous ne pourrez l’assumer….pour ce qui se passe actuellement au Bois Rond, la noirceur des fumées semblent indiquer un autre type de feu encore plus inquiétant, avec soit un bivouac (grotte) qui aurait précédé l’interdiction de fréquentation de la forêt, ou une volonté de démarrer un feu.
Prenez soin de vous, de vos proches et de la biodiversité qui soufre de cette canicule.